mardi 17 juillet 2007

entre Saône et Rhone


Aujourd'hui, je vais faire une séance de signatures au Virgin presqu'île de Lyon pour soutenir la sortie de "de mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un Dieu omniprésent" à partir de 15h. (si je ne me paume pas dans Lyon. C'est marrant, mais je n'arrive pas du tout à me repérer dans cette ville. j'ai toujours l'impression d'être dans Paris... Alors je cherche Montparnasse et j'ai l'air d'un gland...)



preuve



Mais je fouette un peu... En effet, je me demande si j'ai bien le droit de dédicacer vu que la dédicace a été inventée par le Festival d'Angoulême... Comme les phylactères, le dessin, les majuscules au début des phrases et les gommes... J'ai pas tellement envie qu'ils me trainent en justice pour avoir piqué leurs idées...





tomber des nues


fumasse



J'aime autant vous dire que je suis fumasse. En plus, je n'ai personne de plus petit ou en plus mauvaise santé que moi pour passer mes nerfs. Dommage


Le festival d'Angoulême attaquerait (*) Barclay pour plagiat en ce qui concerne les dessins que j'ai faits en direct lors du concert de Magyd Cherfi. En janvier dernier, Blutch avait dessiné au concert de Brigitte Fontaine, le tout sous l'égide du Festival d'Angoulême. Je me souviens d'ailleurs m'être dit à l'époque "classe! ils font comme nous il y a 10 ans, mais avec des gros moyens et surtout, avec Blutch". j'aurais mieux fait de les attaquer pour plagiat d'un nombre incalculable de groupes comme Bérurier Noir, Ludwig von 88, ou les Wampas pour les plus connus. Il faut dire que ça a été bien à la mode comme truc, dans les années 90. J'en ai fait moi même un bon nombre, de fresques, en live pendant des concerts...

Cependant, ces éminences du Festival d'Angoulême s'imaginent qu'on leur a piqué l'idée... Vaste fumisterie, oui! Ils ont acheté un écran géant et un rétroprojecteur, tout au plus! Quel idée! Quel exploit!

Donc je suis fumasse.

D'autant plus fumasse que cette idée de plagiat est tellement absurde qu'on ne peut qu'imaginer au mieux une tentative de publicité bon marché, au pire un règlement de compte. Au moins, comme ça, quand viendra la dernière semaine de janvier, j'irai plutôt bosser sur mes livres. C'est mes enfants qui vont être contents! Merci pour eux.

Dans tous les cas, c'est naze. Et puis ça me nique le souvenir sublime de ces deux soirées de musique et de crobards... Je déteste qu'on me gâche mes bons souvenirs. J'en n'ai pas tant que ça.

(*) J'utilise ici le conditionnel pour faire classe dans un premier temps, mais surtout parce que je n'ai pas vu le courrier de mes propres yeux. j'ai été averti par Barclay



Pâris sera toujours Pâris...



Je suis allé à Paris, hier, tiens. Paris, ville de lumière, terre de contraste à la croisée des chemins, comme on dit quand on sait pas trop quoi dire d'autre dans les milieux journalistiques. J'y suis allé pour faire un peu de "promo" pour le second tome de "Nic Oumouk". Autant le dire : je n'étais pas mécontent de déserter quelques heures ma famille nombreuse où le silence, l'insouciance et le calme sont de vagues souvenirs teintés d'amertume.
Dès la sortie de la gare de Lyon, je fus mis dans le bain direct par un clodo visiblement vachement honnête...



espoir



Au moins, je ne pourrai pas dire que je n'étais pas au courant, après ça.


Quelque peu déstabilisé par la franchise du sale exclu, je me frayais un chemin, Ipod à 10000 euros sur les oreilles (avec Tom Waits et Mano Solo dedans, comme quoi, il est des coïncidences qui font douter de l'inexistence de Dieu) et le pas cependant alerte malgré les kilos que j'amasse jalousement et une couche de graisse autour du coeur qui m'empêche le plus souvent de courir après les filles ou devant les flics sans faire un malaise cardiaque qui, dans un cas comme dans l'autre n'arrange pas mes bidons. Je retrouvai ma copine Hélène qui était venue me chercher en bagnole et nous prîmes la route en direction de la maison de la radio.


Quelle étrange ville, Paris... En même temps, je dis "Paris", c'est uniquement pour me moquer, dans la mesure où ce que je décris ici se passe tout pareil dans n'importe quelle grande ville... Pouf pouf... Quel étrange monde... (c'est mieux)

Quel étrange monde où certains dorment au ras du bitume, à portée d'enjoliveurs chromés, dans des restes verdâtres de fringues dont j'ai du mal à imaginer qu'elles furent un jour neuves...



paris




... tandis qu'une dizaine de mètre en dessous, bien au sec, la crise de la cinquantaine de Monsieur prend la poussière à la grande joie des jaloux ou des moqueurs...



ferrari

J'ai passé un excellent moment dans l'émission "la bande à Bonnaud"à discuter avec "l'animateur" éponyme et Sandra Freeman. Très gentils, tous. Un vrai plaisir.

bonnaud1

Puis j'ai parlé longuement avec une journaliste de RFI, Yasmine Chouaki, maligne et passionnante. Elle m'a appris des trucs sur mes propres livres, dis donc! Et, pour finir, on a parlé cinéma avec Céline Chapuis, chez télérama. Je m'étais pourtant juré de boycotter ce journal depuis qu'il a publié dans ses pages pas moins de deux papiers pour déglinguer le "Big Fish" de Tim Burton alors que moi j'ai adoré. Mais que voulez-vous, cette journaliste était passionnante aussi! Alors on a parlé, et parlé et parlé et pour une fois qu'on parlait de bandes dessinées non plus comme un aimable divertissement mais comme un art à part entière, en liaison avec les autres, la vie et tout ça, je dois avouer que je fus comblé... ( On me reproche souvent de dire du mal des journalistes. C'est vrai. Il faut cependant souligner que, si je brocarde ça et là mes amis journalistes, c'est que, parfois, ils le méritent! On remarquera au passage que lorsqu'ils sont bons, je ne me fais pas prier pour le crier sur les toits! )

Enfin bref, on s'est finis dans un resto de sushis sublime où je bouffai comme à mon habitude: comme un porc.

Le lendemain, après une longue nuit reposante dans un hôtel spacieux, je m'en retournai à la gare de Lyon dans le but assez évident derentrer chez moi. Et là, juste au devant de la gare, le même clodo que la veille. Avec la même pancarte: "je n'ai plus aucun espoir". Eh bin vous le croirez ou pas, j'ai continué à vivre comme si de rien n'était.

Quel monde étrange...





caricature



biquette


impala





l'incroyable voyage de Totoro


"planter des clous"

dessin_enfant

co4


Niort à feu et à sang

Gloire à Bouzard. Je le dis d'autant plus facilement que c'est sincère. Gloire au Bouzard. Il était le premier président du premier festival de Niort, ce qui est un honneur pour un type qui n'a pas eu son brevet des collèges. Il était chargé d'en faire la programmation, et il a eu une idée incroyable: n'inviter que ses amis! Personne n'y avait pensé avant et là je dis "chapeau". Parce qu'à l'inverse de ses préférences musicales, il a des goûts très sûrs en amitié de telle sorte que ce fut le festival le plus plaisant qu'il m'ait jamais été donné de faire. C'est vrai que je n'y vais plus depuis déjà quelques années, mais quand même.
Il y eut beaucoup de monde, des gens adorables, pas de chieurs, je n'ai donc sauvagement agressé personne, ce qui ne fait pas les affaires des Inrocks ou de Chronicart, du soleil, des arbres, des filles et des rats. Oui, les berges de la Sèvres niortaise en sont infestées et c'est assez drôle de les observer pour qui aime à observer les rats. Qu'il me soit permis de remercier ici tous les organisateurs qui ont été d'une gentillesse rare. (Tiens, je les fais passer après les rats, c'est pas sympa...)

pogo

La curiosité locale, c'est le logement. Foin des hôtels 18 étoiles auxquels je suis habitué depuis que je suis une méga star, non... là, ce fut un gîte avec des chambre aux noms d'animaux. Avec Ferri, Vandermeulen et Casanave, nous occupions avec fierté les deux lits superposés de celle des "renards". On ne se demandera pas pourquoi ce sont Relom et Mezzo qui occupèrent celle des "blaireaux", ces mustelidés omnivores malodorants alors que Lisa Mandel, elle, s'installa dans celle des "Bouvreuils", jolis petits oiseaux colorés.

" Renard un jour, renard toujours" hurlait épisodiquement Ferri, le poing levé, dans l'espoir de retrouver ses congénères dans la foule compacte des animaux de la forêt.

renards

Dans le train du retour, avant de sombrer dans un sommeil réparateur, je me posais la question de savoir pourquoi j'étais si content de ce week end... c'est qu'il a réussi à créer autour de lui, une sorte de "famille" d'auteurs assez proches par la mentalité, le président... ça doit tenir à sa personnalité, au Bouzard. J'ai rarement rencontré un type avec aussi peu d'esprit de chapelle. Et puis, je sais que c'est tombé en désuétude depuis l'avènement du cynisme, mais c'est un gars gentil. Pas dans le sens "mongolien", hein!! Non, c'est un phénomène, ce type, avec une oeuvre au dessus du lot. D'habitude, ça donne des cons, les artistes au dessus du lot... Eh bin pas là, dis donc.

relom

A aucun moment il n'y a eu ces rivalités d'ego si nombreuses et ordinaires dans les réunions d'auteurs et d'éditeurs de bande dessinées. Là, tout se passait naturellement, sereinement. j'ai même pu rencontrer Nicolas Dumontheuil pour lui bégayer mon admiration sans borne pour son "big foot", tel le fan stupide de base.

bigfoot

Avec les Renards, on a eu le loisir d'aller observer les grenouilles dans la mare à côté, sous le lourd soleil des deux sèvres, ce qui est beaucoup plus dur à réaliser quand on est à Angoulême, par exemple. Je soupçonnais Tanquerelle d'y avoir d'ailleurs jeté les corps de ses jeunes victimes tant il est vrai qu'il a le physique du tueur d'enfant, mais non. Il a dû les foutre ailleurs.

grenouille

Quel plaisir. Décidemment, entre l'aventure avec Magyd Cherfi, puis le festival de Niort, j'ai du fion, en ce moment. J'ai comme la douce impression d'avoir enfin un peu trouvé une famille artistique et humaine dans laquelle je me sens bien, à l'aise.

Comme le dit le président Bouzard, dans des cas comme ça, "on fait vraiment un métier extraordinaire".
Gloire au Bouzard

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